xannadu

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14 juin 2007

une femme à berlin.

femme___berlin

Fini ce matin ce recit de l'occupation russe de Berlin. Que dire exactement? C'est un texte trés noir trés brut, sans aucun pathos, plus sidérant que revoltant (à l'image de d'ailleur de l'auteure il me semble...)

J'ai trouvé dans ce récit ce que je venais y cherhcher: la confirmation qu'il n'y a pas de limites dans la noirceur humaine, pas de limites non plus dans le désir de survie; le fait que les victimes d'aujourd'hui soient les vainqueurs d'hier ne change rien, les armées quelques qu'elles soient comme une meute d'animaux ne cherchent que l'alcool, la nouriture, le tabac et les femmes. Les victimes quelles qu'elles soient doivent alors subir ou mourir; c'est ça la guerre, auncune trace de gloire ou d'héroisme à l'horizon (pendant ce recit hitler lui c'est sucidé n'assumant même pas les consequences de ses actes): A part les généraux, qui a "gagné" qui a "perdu"?

Et c'est effectivement cette noirceur que je suis allé chercher ; cette noirceur de l'ame humaine qu'on dit bien sur evidemment disparue mais que je sens moi toujours là derriere le vernis de la civilisation; le livre que j'écris dans ma tête parle donc de ça, je pense sincerement qu'il suffirait d'evenements minimes pour que tous aujourd'hui nous fassions pire qu'eux. Les bourreaux ne sont pas des "monstres" , ce sont des gens au contraire terriblement banal; le danger est toujours là pres de nous: la haine de l'autre, le désir de sauver sa peau quitte à ecraser les autres, la jouissance de la domination d'autres humains.
Et du coup je me rends compte en ce moment que ce sentiment ne vient pas de nulle part mais du fait que j'ai grandit dans un milieu d'educateurs sociaux ou l'inceste, le viol, la marchnadisation des enfants, la haine et l'alocolisme sont le niveau de base des relations humaines mais aussi que je travaille tous les jours dans les familles, aupres de la matiere à nevrose et que ce qui j'y vois, ce que j'y ressens depasse souvent largement l'entendement des "non initiés". Je crois que c'est à cause de ça que je me moque si souvent du vernis social, a cause de ça aussi que regulierement on ne me comprends pas...

Ce que je cherchais aussi c'est le rapport au nazisme: Est ce que les berlinois assumaient leur passé nazis? Mais evidemment la dessus rien n'est dit, avant même la défaite tout le monde blame Hitler... Mais est ce parce qu'il a perdu ou parce que sa politique  était ouvertement raciste et nauséeuse, evidemment ca personne n'en parle...
Sur ce sujet j'en arrive même à me demander si la solution n'est pas d'une bétise sidérante, dans le sens ou j'ai de plus en plus l'impression que seule une minorité d'allemands était vraiment pro hitler en ayant pleinement conscience de son discours et que la masse de la majorité n'était juste "pas contre" (et puis il y a les usines à faire tourner, les enfants à elever...), son discours vaguement populiste et la faible opposition politique aurait alors emballé le tout (sauf que depuis quelques temps j'ai appris à répérer que tous ceux qui me disent que "la politique ne les interrese pas" ont en général voté à droite aux dernieres elections... le secret de l'isoloir donne plus de courage que la parole libre...)

Enfin ce texte m'a renvoye clairement, m'a eclairé sur mon interet soudain pour cette époque: je m'interresse à ceux qui suite à une decision politique voient leur vie radicalement changer et doivent s'adapter coute que coute. Tout proportion gardée evidemment je me reconnais totalement dans ces gens parce que quand j'ai planté le concours de medecine et que j'ai  dû en quelques semaines faire les deuil et engager d'autres études, personne, personne autour de moi ne m'a jamais tendu la main.  J'avais l'impression de vivre un vrai cauchemar, puisque tout s'etait effondré  autour de moi mais la vie continuait quand même, beaucoup me reprochant même mes frequents mouvements d'humeurs.  Apres, ça a  été aussi ma formation en elle même, parce que sous pretexte que vous etes (quasiment du jour au lendemain) etudiant infirmier vous etes projetté seul dans une piece à faire la toilette d'un mourrant ou à changer les couches d'une femme incontinente donc à vous prendre de plein fouet, à 20 ans,  sans aucune preparation la mort, la decheance, la souffrance alors qu'à ce moment là vous n'avez strictement rien à apporter ( le premier stage arrive apres un mois d'ecole, je savais à pein faire un lit; niveau connaissances medicales j'étais en gros du niveau d'un bachelier lambda); mais bien sur autour de vous, pendant ce temps là tout le monde trouve cela parfaitement normal puisque vous etes "etudiant infirmier" apres tout... Donc c'est normal.

Du coup autre lien avec cette berlinoise qui raconte que les femmes qui ont été violées  ont besoin entre elles d'en parler, d'en rire, d'échanger, de savoir. Du coup quand le fiancé de le femme reivent il ne la comprends plus et est extremement choqué des propos tenus par ces femmes.
De même des le debut des etudes j'ai ressenti le besoin comme tous de nous retrouver entre "nous" (les infirmiers) pour pouvoir vraiment echanger; nos compagnons lachant en gégéral la conversation trés vite, dégouttés, choqués de ce qu'ils entendent; refusant purement et simplement d'entendre ce qui fait notre quotidien (fecalome  et décés compris).

Enfin bref j'espere que vous avez bien compris que je ne fais aucun lien, aucune comparaison de gravité entre les faits racontés par cette femme et mes petits soucis d'etudiant... Mais je pense que la violence symbolique (la pire celle qui ne touche que les victimes et laisse les agresseurs la morale tranquille) sont de nature assez semblables... Sufisament en tous cas pour me donner envie de creuser ce sillon d'essayer de comprendre, rien qu'un tout petit peu plus...

En tous cas je garde encore, profodemment gravé en moi la certitude qu'a tout moment ce qui m'entoure peut disparaitre et que ma vie peut s'effondrer au coin d'une rue dans l'indifference générale.

Je crois même que c'est essentiellement comme ça qu'on fait de l'humour noir ;))))


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