21 avril 2006
Le rugby et moi.

Anne Saouter « être rugby jeux du masculin et du féminin »
editions de la maison des science de l'homme 2001
J’ai lu ce livre par rapport à mon propre travail d’écriture (vous comprendrez un jour, enfin je l’espère…) et ce fut une réelle surprise.
Dans ce livre l’anthropologue s’immisce dans le monde rugby pour comprendre les rites, les habitudes de ce dernier bastion du masculin, de cette auto proclamée « école de la vie ». La grande question de départ est la paradoxe entre cette virilité revendiquée et le rapport au toucher des joueurs, les dérives étranges de la troisième mi temps.
Elle explique alors cette attitude par une nécessaire fusion des corps dans le jeu. En mettant en perspective tout le trajet des vestiaires a la fin de la troisième mi temps, elle montre qu’il s’agit en fait de passer d’un corps individuel a un corps collectif pour après s’individuer à nouveau. Elle introduit alors une notion qui m’intéresse beaucoup, dégageant très vite la notion d’homosexualité (il n’est vraiment pas question de ça) elle propose le concept de relation homosexuéé, rapport d’indistinction des corps identiques ; de jouissance dans la fusion de corps. Sillon très porteur dont je fais peu à peu mon miel, content de découvrir qu’une autre pense comme moi qu’il n’y a pas que l’homosexualité ou l’hétérosexualité, que des hommes peuvent se toucher sans être pédé.
D’un autre coté l’auteur met en lumière le rapport très masculin (et apparemment paradoxal, quoique les mouvements de foule ne sont ils pas essentiellement masculin ?) à la domination et à la dilution de l’identité. Elle met en lumière la jouissance de fusionner dans l’autre , d’accepter d’être un groupe, abdiquer toute individuation au nom de la « puissance/jouissance » du groupe. Zone trouble s’il en fut, bon grain à moudre : y aurait il une souffrance masculine dans l’individuation ?
Ainsi l’auteur ouvre des portes (sans aller bien loin malheureusement, c’est le seul reproche que je lui ferai) sur une tentative de définition du continent noir qu’on croise tous les jours sans avoir de définition claire : le masculin, les hommes.
A lire +++
Yann (qui en lisant ces lignes s’est rappelé que sa mère est d’une famille rugby, qu’elle s’est donc comporté comme les femmes typique de ce groupe (cf livre) en oubliant de m’inscrire dans un club… Et si une part du vide venait de là ?)
13 mars 2006
Le docteur Rubinov
Chaim Potok ed 10/18 -2001-

Une petite merde inutile, gardez vos 3€!!!
Sincerement, on peut le dire maintenant qu'il est mort, chaim Potok n'était pas un grand auteur. Déjà l'élu c'était limite, mais là c'est niveau archi zero.
Allez pour être sympa on va dire que son oeuvre a quand même une qualité : celle de vulgariser la culture juive (par exemple l'elu explique bien le sionisme, l'intégrisme etc...). Mais bon mis à part ça...
Allez pour vous prouver que je ne suis pas que de mauvaise foi... Voici les dernieres lignes:
Les fievres et les maux de tête? Un parasite intestinal attrapé en crimée, quand je servais dans l'armée rouge.
"Cela se soigne, m'a dit mon medecin américain. Mais cela ne se guérit pas."
Ca va et ca vient. C'est tenace, comme les souvenirs...
Non mais je rêve! Je rêve!
11 mars 2006
L’erreur de Houellebecq

La possibilité d’un île
Fayard 2005
Le dernier houellebecq est de (très) loin le plus fastidieux. J’ai même pensé lacher un moment. Même s’il vous explique habilement, au dernier tiers, que tout cela était fait « exprès »…
Hahahaha
L’histoire : La possibilité d’une île croise les deux récits de vie d’un être original (comique épuisé des années 2000) et d'un de ses clones qui a suivi sa lignée quelques millénaires plus tard.
Embrouillamini d’observations molles (et déjà remâchée dans ses livres précédent sur le cul et le système capitaliste) et de rêvasserie bêtasse sur un futur improbable, on s’ennuie sec à regarder Houellebecq soudainement privé de talent.
A vrai dire on ne comprend même pas pourquoi ce livre a été écrit… Quand on le referme on n’a qu’une seule question : Ah ? Et alors ?
485 pages d’ennui latent.
Critique : Houellebecq est largué. Lui qui fut un des observateur les plus acérés du pathétique de notre siécle, ce dernier livre sent le repli dans le confort, la coupure totale.
Cependant, si ce texte n’a qu’une qualité c’est celle de matérialiser les dernières utopies de nos chers soixante huitard. Soyons clair : Pour H dans l’avenir, la société de consommation aura eu raison de tout : des religions et de l’amour. Le désir de jouissance aura écrasé toutes les contraintes y compris celle de la mort, pour se retrouver dans un éden propre, société idéale et totalement immobile hors souffrance…
Le problème avec cette vision, c’est qu’elle est idiote. Là ou H nous tenait parce qu’il montrait avec précision le monde ou l’on vit ce texte ne fait que nous balader dans de vagues fantasmes déjà rebattus. Le problème est que H n’a pas prévu une toute petite chose c’est que la société de consommation, la fameuse société du désir que sa (casse couille de ) génération a mis en place est en train de se fendre la gueule. H ne voit pas que le système économique qui a été le sien n’existe plus aujourd’hui comme il l’a connu. Et que le retour du religieux marque cette régression ( refuge dans les valeur traditionnelles face à une pauvreté qui monte). Il propose donc une vision totalement égoïste et bornée (comme tout ce qu’a fait cette génération qui a englouti en quarante ans la moitié des ressources de la planète dans un contexte économique délirant ) et continue a donner des leçons (seule chose qu’ils ont toujours su faire). Bref pour moi ce texte est l’œuvre d’un hippie vieillissant, encore un pauvre connard maoïste de 65 reprenant un discours déjà rabâché et insupportable de bétise.
Dois je ajouter que je n‘ai pas aimé ?
Ps1 : Seule idée un peu intéressante c’est d’avoir choisi le métier de comique pour son héros. Evidemment le lien entre ses dernières sorties (procès contre l’islam etc…) et le métier de comique est assez bien trouvé.
Ps2 : Franchement H si tu veux un jour parler de biologie essaye de te renseigner. Touts les references faites sentent à plein nez le livre ouvert sur les genoux et vite recopié. Si tu ne maîtrise pas les aspects technique du clonage, please, shut up !
Ps3 : Rassurez vous (je vous sent totalement inquiets!) une note plus complète sera écrite un jour sur la cassure générationnelle que nous sommes en train de vivre (la différence de niveau de vie entre les gens de 25/30 ans et les 60naires). Il me faut juste le temps de la mettre en ordre.
28 février 2006
Sartre l’improbable salaud

Bernard Lallement ed cherche midi 2005
Mr Lallement est un gars bien. Mr Lallement il a tout bien compris les évènement de l’histoire de la France et surtout, surtout, il a bien compris l’analyse lacanienne lui. Alors que Sartre visiblement pas du tout.
Quelle quiche ce Sartre !!
Du coup Mr Lallement il a tout bien analysé Sartre et les rapports avec sa mère pour en arriver à la conclusion inéluctable que Sartre était, en fait, homo. Et oui ma bonne dame.
Quand on voit un si apparent déséquilibre de talent entre l’auteur et son sujet on finit par se demander pourquoi c’est Sartre qui est connu et pas ce bon Bernard….
Autant dire qu’on patauge grave dans le pathos pendant 140 pages (écrit en gros: notre talentueux génie à la prose approximative et rare)et même les bonnes questions posée par l’auteur sur l’absence troublante d’engagement de JPS en 1940 et 1968 sont tellement noyées dans un flot de bile et d’aigreur qu’on n’a même pas envie d’y passer plus d’un quart de seconde.
En conclusion la biographie d’un pauvre type.
Pas jean Paul, Bernard.
Yann
Ps : En fait la prose de ce charmant Bernard lallement (qui n’hésite pas à mettre des photos de lui en lieu et place de Sartre) me fait penser à tous ces connards intellos réacs. Et dieu qu’ils sont nombreux . Et loquaces. Par on ne sait quel mystère cosmique ils ont vaguement réussit à comprendre les préceptes d’une théorie fumeuse (ici Lacan) et se permettent de juger le monde du haut de leur mini savoir.
La gerbe totale : Est ce bien la peine de faire une analyse lacanienne pour passer ensuite son temps à se demander si son voisin de pallier , il est pas un peu pd quand même…
04 février 2006
De guerre Lasse
Francoise sagan 1985 Ed Gallimard.
Histoire: En 1942 Jérôme et Alice sont des résistants de la première heure. Afin d’organiser un réseau de sortie en zone libre ils vont passer quelques jours chez Charles un ami d’enfance de Jérôme dont ils veulent utiliser la maison . Evidemment une femme et deux hommes , chez Sagan, cela ne peut se passer simplement. La guerre passe alors au second plan derrière le trio amoureux.
Evidemment on peut reprocher beaucoup de choses à Sagan et en premier sa désinvolture, surtout visible dans les « petits » Sagan tels que celui ci. Soyons clairs, il est évident qu’elle traite ses personnage et son histoire par dessus la jambe , abandonnant tout soucis de vraisemblance psychologique (Alice femme détruite oubliant tout dès que Charles le terrien lui fait découvrir le plaisir) voire même de décence (la guerre et la résistance sont traités pratiquement comme un détail, comme une farce absurde).
Cependant pour utiliser une phrase replète « Sagan reste Sagan ». Et en d’autres termes, pour ceux qui y ont goûté, comme les personnages proustiens (…) il se dégage des livres de Sagan une « petite musique » dont on peut devenir totalement accro. Pour ma part je suis de cela. Et il y alors dans cette désinvolture assumée plus de talent que dans biens des livres sérieux qui brassent du vent.
Sagan parle du jus d’orange et des terrasses, des bourgeois jeunes et beaux, du désir et elle le fait extraordinairement bien.
Aucun de ses livres ne changera la face du monde mais c’est un des rares auteur « prolixes » que je retrouve vraiment avec plaisir.
Bref si vous ne connaissez pas Sagan il faut lire d’abord « Bonjour tristesse ». Si vous connaissez vous devez lire « Aimez vous Brahms ?». Et si vous connaissez les deux vous pouvez lire « De guerre lasse ». De toutes façon vous êtes certainement déjà mordu.
01 février 2006
Plaidoyer pour une orange.
Et c’est reparti ! A la faveur d’une pièce parisienne, on reparle (on fantasme ?) sur l’ultra violence de « orange mécanique » le livre (Anthony Burgess 1962) et le film (Kubrick 1971). Pourtant si il y a une histoire qui n’est pas du tout l’apologie de la violence c’est bien celle ci. Histoire d’une incompréhension ?
L’histoire : Alex est un jeune homme dans une cité futuriste (Londres ?) qui se réunit tous les soirs avec ses amis. Avec eux, sans raison évidente (ses parents ne sont pas pauvres, il pourrait être inséré socialement), il se livre à des actes de violence gratuite. S’il était d’aujourd’hui il mettrait le feu a des voitures, un sauvageon quoi, porteur de notre ultra moderne violence sans motif si ce n’est l’ennui…
Mais un jour tout change.
Un jour il va trop loin et est incarcéré. La violence change de camps, il devient à son tour le jouet d’un système. A la faveur d’un changement de gouvernement (plutôt de droite apparemment) Alex se voit alors proposer un traitement révolutionnaire « la méthode ludovico » consistant à le rendre incapable de violence grâce a une programmation pavlovienne.
Rééduqué il sort de prison plus doux qu’un agneau (toute idée de conflit le cloue au sol) et la violence se retourne contre lui: incapable de se défendre il devient la victimes de ceux qui se servent de lui (anciens amis qui se vengent, politiciens qui l’utilisent) et le pousseront au suicide.
Rattrapé de justesse et devenu un enjeu politique, il est a nouveau ré éduqué pour revenir a la case départ. « Pour ce qui est d’être guéri, je l’étais ».
Analyse.
Si une histoire porte un regard critique sur la toutes les formes de violence c’est bien celle ci. Aux antipodes d’un étalage complaisant de violences (ce à quoi on la réduit bêtement en général, suivez mon regard) l’orange met en balance violence individuelles et violence institutionnelles pour les renvoyer dos à dos : la violence ne vient pas à bout de la violence (qui a parlé de sarkosy ?)
Mais avant orange nous montre aussi qu’une vie en société sans violence est impossible : non violent Alex se fait détruire en trois jours.
Nous avons là un bien étrange axiome : La violence est essentielle à la vie en société, que peut faire la société face à la violence ?
A ma connaissance, plus de quarante ans après on a toujours pas répondu à cette question et on découvre encore sur tf1 le nouveau sentiment d’insécurité, des jeunes qui en agressent d’autres (en général lorsque cette question sert les intérêts d’un politique). C’est en général à ce moment qu’orange mécanique pointe le bout de son nez, effrayant le bourgeois avec son beau bandeau « interdit aux moins de 16 ans ». Tout le monde bloque sur le premier tiers de l’histoire poussant discrètement les deux autres sous un confortable tapis et l’axiome reste sans réponse.
Jusqu’à la prochaine fois.
27 janvier 2006
Extension du domaine de la lutte
De Michel houellebecq Publié en aout 1997.
Histoire: Quelques jours dans la vie d'un "analyste programeur" durant la fin du siècle. Sa principale activité sera de faire un déplacement en province puis une dépréssion. A la fin...
Analyse
- Trés belle description de notre absurde monde. Tout est laid, triste et absurde comme j'aime.
- La theorie de l'extension... (Qui stipule en gros que la logique capitaliste s'est déplacée du monde de l'économie vers la sexualité (peu d'hommes ont toutes les femmes, compétition sans merci)) me semble un peu faible, limite banale. Je reconnais aussi que je lis ce livre presque 10 ans aprés sa publication. Enfin il a evidemment raison...
Critique:
Bonne nouvelle pour ceux qui l'ignorent: Houellebecq c'est toujours facile à lire. Ce petit opus se lit donc en quelques heures... Oui je sais que ca ne veut rien dire mais apres les pavés de BEE ca fait du bien...
Seul bémol, extension est un livre trés inégal dans sa structure : Alors que la premiere partie est totalement géniale (description acerbe du monde de l'entreprise et de sa faune, pages inoubliables sur le collègue bernard) la suite chute lentement vers une prose introspective et limite bornée, théoricienne . Apres ça le heros finit par s'enfoncer dans son délire et sa depression et nous on baille gentillement.
D'ailleurs à ce moment du roman Houellebecq semble même hésiter quant au destin à donner à sa créature: Psycho killer? Depressif? Winners? Pd?? Il hésite et nous saoule. Dommage...surtout qu'a la fin son personnage finit par devenir ...rien (il part errer dans uen ville de tourisme desertée, preface underground à plateforme?!)
En conclusion on a donc un livre trés pertinent et mechant, un délicieux bonbon au poivre... si on saute le dernier tiers.
Non mais parce que bon , c'est pas pour dire mais...
c'est pas trés rigolo...
... les depressifs.
yann
Glamorama
De bret easton ellis. Publié en Mars 2001.
Histoire: les pérégrinations de Victor Ward mannequin homme en passe devenir star. Il vit avec la plus belle femme du monde, s'associe pour ouvrir une boite de nuit et est parfaitement...euh... stupide. Il fera bien sur foirer tout ça et va se retrouver dans une trés improbable histoire d'espionnage international poursuivi par des terroristes trés beaux et trés mechants qui font sauter des endroits de luxe sans qu'on sache trop bien pourquoi. A la fin...
Analyse:
-Belle idée d'un monde ou l'image devient plus importante (plus reelle?) que la réalité. Victor passe un tiers du roman à discutter avec des gens qui l'ont vu dans des endroits ou il n'était pas. On se rend compte ensuite que ce ne sont que des photos truquées; Qu'importe, tout le monde est persuadé de l'avoir VU. Il suffit de regarder le 20 heures pour se rendre compte de la pertinence de cette idée.
- Idée interressante de donner à Victor l'impression de tourner un film: manière habile pour BEE de raconter n'importe quoi et de retomber sur ses pattes.
-Idée plus agacante de plonger en permanence Victor dans un semi coma. Même si c'est trés fashion au bout d'un moment on aimerait trouver un sens à ce qui se passe...
-Evidemment l'accumulation des marques et le name dropping.Bon ok. Mais moi j'aime bien.
Critique :
Glamorama est le dernier livre de BEE que je n'avais pas lu mais le premier de 2006 comme quoi tout arrive. ( comment? Cette phrase est initerressante? C'est possible...). Soyons francs j'ai trouve ce livre un peu long, parce que pour parler franchement il ne se passe pas grand chose de "sensé" donc ça épuise assez rapidemment.
Pourtant les 100 premières pages (inauguration de la boite) sont vraiment brillantes: du trés grand bee méchant, glamour, excessif. Mais aprés, comme qui dirait... ca fait plouf. Apres Ellis semble totalement embourbé dans son histoire ou à force de mélanger les fils, c'est lui qui s'est perdu (et nous avec)... On bascule alors dans un délicieux ennui coupé par quelques scenes foudroyante (la baise, l'avion) avant de retourner au ronron brettien (Victor est drogué et ne comprend pas qu'il se passe des choses hallucinantes autour de lui)...
Maintenant que je les ai presque tous lu ( à part zombies shame on me) je peux dire franchement que Glamorama n'est pas le meilleur BEE. American psycho reste le firmament, surement parce que c'est le seul livre ou l'auteur n'a pas essayé de raconter d'histoire. BEE est un auteur de l'état, du flottement, de l'hébétude toute tentative d'embryon d'histoire le perturbe et nous aussi. Du coup. Dans le genre le pire scratch de sa carriere sur ce plan reste donc lunar park mais comme je l'ai lu en 2005, je n'en parlerai pas ici.
Enfin pas tout de suite.
