20 avril 2006
Massive attack

Ce groupe m’a désespéré de la musique parce que je sais que si je m’y essayais, je perdrais mon temps à faire du sous massive tant je me sens en connection parfaite avec leur sens de la mélodie, de la mélancolie et du mélange interculturel.
Massive Attack est l’essence sublime de la vie urbaine, qu'on se le dise!
Pour ceux qui ne les connaissent pas ils viennent de sortir un best of brillant que je vous conseille trés trés chaudement. Surtout qu’il s’accompagne d’un choix de leur clip et que, comme tous les grands groupes, la musique et les images sont liées étroitement.
Et puis massive ce sont des petits bouts de ma vie : infinish sympathy c’est M. qui déprime devant les images de sa télé le son éteint, c’est capital et les pommes de terre en sachet.
Protection c’est M. qui prend une douche rue de bègle pendant que je lis « andromaque » Jean Anouilh.
Mezanine c’est la rue du mirail : les murs blancs et la moquette vert clair, la chaine de M. dans sa petite armoire murale et le disque orange vif.
100 hertz Windows c’est une nuit sur le matelas gonflable de S. et le bruit lancinant qui m’inquiétait et me rassurait
Je crois qu'il y du massive dans tous les moments de ma vie, pire je me sens fier de ce groupe, de son parcours, de sa façon de placer la barre trés haut, de réconcilier mélodie et electro...
J’ai des places pour le 29 aout à la cigale alors que je n’aurai jamais cru les croiser un jour!! C'est decidemment officiel: aout va donc être un trés grand mois.
je serai donc a paris du 28 aout au 3 septembre 2006
(le message est passé pas besoin de clin d'oeil?)
11 mars 2006
Gymnopédie
J'ai mis du temps à les découvrir.
Mais je suis totalement sous le charme.
Les trois gymnopédies de Erik Satie sont un pur bonheur.

28 février 2006
utopia
Je fais partie de ceux qui assument leur gout pour lavillier, l'homme, certains textes et les salsas.
Ce matin dans ma voiture je me suis fait ratrapper par un de ces textes.
Je chanterai le nouveau monde
Né de la zone et de l'ordure
En ces temps-là vos belles actions
Passaient toujours par l'écriture
Vous vous gaviez de projections
De projects sérieux, de futur
Pendant que l'ordre et la répression
Vous alignaient contre un mur
Vous ronronniez pour le vieux monde
Dans l'opposition objective
Respectant la règle et la ronde
Dans vos manchettes maladives
Ça sentait le médicament
La frustration et le soumis
Ça puait déjà l'électron
Le temps qui passe à crédit
Des technocrates maigrichons
Vous prédisaient des jours meilleurs
Des aurores de l'expansion
A la sournoise nuit des chomeurs
Vous faisiez du lard aux ceintures
Les pancartes au bout des bras mous
Faisaient des cercles dans l'ordure
Où vous vous traîniez à genoux
Les barbares, qui montraient leurs crocs
Aux barrières des périphériques
Ricanaient, remplaçant vos mots
Par des cris de guerriers celtiques
Vous en aviez froid dans le dos
Bien qu'expliquant ce phénomène
Vous essayiez de rentrer tôt
Détestant les milices urbaines
Vous nous regardiez en ces temps
Inventer une autre musique
Faite de violence et de sang
D'ignorance et de prophétique
Votre raison vous pesait lourd
Dans vos masochistes partouzes
Dans vos dérisoires amours
Votre révolte et vos ventouses
La petite gauche vivotait
Frileuse comme une alouette
Vos bars, vos fêtes, vos congrès
Vos chanteurs, vos peintres, vos poètes
Votre raison, votre droiture
Vos illusions, vos habitudes
Vos soumissions, votre culture
Vos ambitions, vos certitudes
Cette lucidité bidon
Qui remplaçait si bien les tripes
Etait sinistre et sans passion
Et militante et castratrice
Elle vous bloquait le creux des reins
Comme un calcul diabétique
Elle vous laissait sur votre faim
De bien nourris et d'asthmatiques
Nous rêvons d'une autre planète
En ce futur, t'en souviens-tu ?
Nous tirons des plans à facettes
Vers des comètes disparues
Nous installons nos mines d'or
Sur des podiums itinérants
Où nous jouons toujours très fort
De la guitare, et du vent
Nous pressentons une cassure
Une crevasse nette et sanglante
Une balafre dans l'azur
Un cran d'arrêt dans le silence
Une fissure dans le certain
Une embolie dans la finance
Un détonateur dans la main
Un embarras dans la nuance
Nous vivons au ras des pavés
N'ayant jamais connu la plage
Et jamais le roi des étés
Ne s'est inscrit au paysage
Nous avons la haine au profond
Une haine fondamentale
De la hiérarchie et des cons
Du quotidien et du fatal
Ce texte a été écrit en 1978.
il n'a pas pris une ride.
27 février 2006
Sur le fil
Camille "Sur le fil" 2005
La nouvelle coqueluche des intellos.
Camille, jeune fille fragile s’est fait plaquée et en est devenue folle. « Sur le fil » évoque ces journée d’errance quand plus rien n’a vraiment de sens. Autour d’elle il y a du carrelage froid et l’odeur du désinfectant des hôpitaux mais le cœur continue à battre, le corps a frémir , à nous retenir dans un monde qu’on ne désire plus du tout.
Camille chante pieds nus, dans une petite robe d’été moulante par erreur devant le fenêtre ouverte de sa chambre. Son album a le goût de l’Haldol et des yaourts sans sucre.
Troublant et addictif.
The chase
Brisa roché / The Chase 2005
On se méfie souvent des album modasses. Parfois à tort.
« The Chase » vous entraîne sur les coussins capitonnés de rouge d’un vieil hôtel casino de lausanne. L’air sent la poussière et la gloire passée. Vous prenez un Aberlour 10 ans pour passer le temps et sur scène se produit la fille d’un banquier banquerouté. Elle est sublime et un peu folle. Sa musique est un mélange de country barrée et de complaintes montmartroises. Pas de fausse note, vous passez un moment sublime.


