06 juin 2007
la douceur du danger.
Attention ce texte est déconseillé aux âmes sensible, j'inaugure une nouvelle rubrique, "carnet intime" et comme son nom l'indique, c'est intime...
Alors si vous n'aimez pas ça, passez votre chemin sur ce coup là...

Sur le net , depuis quelques temps je fais totalement n'importe quoi... Je mens, je m'emporte, je hurle, je trafique mes pseudos et aprés je réalise et j'ai honte, je m'excuse de ma connerie, je ne dors plus la nuit... n'importe quoi.
En fait je me conduis comme un alcoolique minable qui fait n'importe quoi quand il est saoul et s'excuse aprés.
En fait je me saoule au net.
En fait je crois que je suis en train de devenir dépendant du net
comme je suis dépendant de la cigarette
Je n'arrive pas à restreindre le net
comme je n'arrive pas a restreindre ma consommation de cigarette (j'arrête quand je veux et je reprends à chaque fois)
En fait je crois que je pète un peu les plombs...
En fait à chaque fois dans ces situation là c'est comme si j'étais au bord d'un canyon, que je vois bien que l'autre berge est beaucoup trop éloignée pour l'atteindre mais qu'a chaque fois je prends mon recul et je saute quand même, persuadé que si, moi, je vais y arriver! Moi je vais pouvoir troller sous pseudo sans que personne ne se doute de rien, que moi je vais pouvoir continuer à fumer presque un paquet par jour sans risquer un cancer, que moi je vais passer au travers des mailles du filet et atteindre l'autre berge, bien sur...
Et chaque fois je me plante.
A se demander même si ce n'est par pour ça que je saute.
A se demander même si je ne saute pas uniquement pour me ramasser, me fracasser au fond du gouffre.
... Ben oui comme si ma vraie place était au fond du gouffre et pas sur l'autre berge.
Cette histoire de gouffre, de sauter dans le vide évidemment ne m'arrive pas par hasard.
J'avais 6 ans je crois quand j'ai voulu me tuer la première fois. Je suis monté sur le rebord de la fenetre de la cuisine, j'avais envie de sauter car je n'en pouvais plus. J'entends encore aujourd'hui le bruit de la tondeuse de mon père et je revois derrière moi ma soeur attablée à ses devoirs qui ne bouge pas, qui s'en fout.
Ce jour là je n'ai pas sauté; je suis redescendu tout seul dans l'indifférence totale et personne ne l'a jamais su, personne ne m'en a jamais parlé.
Alors depuis je me traîne cette question: Et si j'avais sauté ce jour là?
Si j'avais sauté ce jour là mes parents pour une fois aurait été obligé de me regarder, de s'intéresser à moi et tout le noeud de ma problématique suicidante s'est cristalisée ce jour là où, comme d'autres, j'ai voulu souvent en finir juste pour que mes parents me regardent une fois.
Plus que sauter, en fait je voulais surtout que quelqu'un me retienne. Ca n'a pas été le cas et j'ai réalisé instinctivement sur le bord de ma fenêtre que si je me ratais je deviendrais définitivement le malade de la famille, celui qu'on n'écoute jamais vraiment, ce que je ne voulais pas non plus; j'ai réalisé qu'en sautant je perdais définitivement toute crédibilité, que je devenais simplement un autre malade mental dont ma mère s'occupait toute la journée...
Alors je n'ai pas sauté ce jour là et j'ai cherché désespérément un moyen pour que mes parents me regardent une fois, me regardent vraiment mais à ce jour je ne l'ai toujours pas trouvé. Alors on s'est perdu, alors je ne les vois plus (du tout) non plus; oeil pour oeil, dent pour dent.
Mais bien sur cette blessure ne s'est jamais fermée.
Et ne se fermera sans doute jamais.
Rien ne pourra jamais combler ça il me semble; il est trop tard.
Mais la question reste là : et si j'avais sauté, que je n'étais pas mort et que mes parents m'aient regardé
comment serait ma vie aujourd'hui? Mais si bordel forcement il doit y avoir une solution, je suis sur que c'est possible puisque tous les autres y arrivent! Je suis sûr que c'est possible, maintenant avec le temps qui a passé je suis sur que c'est possible...
Alors je vois venir tous les gouffres possible (ou je les creuse moi même)
Et je saute.
Ps D'avance je suis désolé pour tous ceux, celles et celui que je vais ou que j'ai un peu agressé dans les jours passés. Ce texte n'est pas une excuse; vous pouvez donc parfaitement me traiter de connard, des fois (rarement!) je le mérite ;))) ... Évidemment le pathos n'excuse rien, comme l'a dit Freud "je suis responsable de mon passé" (pas de ce qu'il a été mais de ce que j'en fais...)
